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Le journal de ma vie ou la quête du...quoi ?
Jeudi (19/11/09)

Moi qui avais l'espoir que notre génération serait indépendante, libérée et égalitaire...

Je me demande si les hommes d'aujourd'hui ne sont pas encore plus machos que nos pères...Quand je vois mes collègues qui passent leur journée à juger les filles sur leurs formes, à les descendre en flèche si elles ne correspondent pas à leurs critères.. A estimer que c'est aux femmes de faire les tâches ménagères. Ils vivent encore chez leurs parents car ils aiment entendre leurs mères appeler "A table!"...

Quand j'entends les paroles des chansons d'aujourd'hui, quand je vois les clips où même les femmes jouent sur leur image de bimbo, sans une once d'autodérision. Quand j'observe les participants des cours de sport, lookés de la tête aux pieds, certaines maigres comme des clous aux seins refaits.

Dans quel monde d'apparence et de superficialité vivons-nous ? Est-ce le lot des femmes de se conformer à une norme physique pour avoir une valeur, pour être reconnues ?

Comment s'imposer par sa compétence et ses qualités ? Comment être trouvée belle et non bonne ?

Marre d'entendre ces commentaires déplaisants sur les femmes, marre de ces inégalités, marre de la bêtise crasseuse et de l'ignorance vulgaire.

Ecrit par Calyire, à 01:33 dans la rubrique "Réflexions".
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Lundi (09/11/09)
Faire ses preuves

C'est vrai que la confiance en soi est basée sur l'image que nos parents nous renvoit pendant l'enfance... Basée seulement, car on peut ensuite bâtir par dessus, ou même refaire les fondements bancals...

Ma tante me l'a redit l'autre jour : quand j'étais petite, mes grands-parents disaient que j'étais comme ma mère, que j'allais devenir comme elle... Je ne les entendais pas, mais je le sentais. Comme une chappe de plomb qui me pesait dessus, comme si mon destin était tracé et que j'allais le rencontrer comme on heurte un mur. Surtout quand ma grand-mère se trompait de prénom et m'appelle comme ma mère.

Ca arrive encore. Mais aujourd'hui, je sais que si elle confond les prénoms, c'est parce qu'elle m'aime comme sa fille. Ma tante dit, c'est comme si elle avait perdu une fille (ma mère), et qu'elle en avait retrouvé une avec moi. Enfin, je ne remplace pas non plus, j'ai ma place à part entière. Je la cherche encore, parfois.

Ado, on ne sait pas encore de quoi seront faits les lendemains. Surtout quand on ne connaît pas son père, qu'on a une mère malade et qu'on croit que c'est héréditaire. Forcémment, j'ai fait une dépression. Je me suis débattu très fort avec toutes ces questions qui me torturaient, j'ai tenté de retrouver mon père. Sans succès : j'ai dû m'accoutumer à ce vide, me dire que je ne saurai probablement jamais à quoi ressemble la moitié de mon arbre généalogique, et encore moins entendre sa version des faits.

J'ai dû apprendre à composer avec la maladie de ma mère, depuis toute petite. Quand je lui parlais au téléphone, qu'elle se servait de moi pour faire passer des messages à mes grands-parents. Qu'elle me racontait que les gosses de son quartier lui balançaient des pierres... je me sentais impuissante, malheureuse de ne rien pouvoir faire. Quand j'allais la voir avec mes grands-parents, dans son appart minable. Quand je ne savais pas comment gérer la présence de son compagnon, jamais bien loin quand je lui passais un coup de fil. Son compagnon malade lui aussi, ou un peu débile.

Et en plus, j'ai dû me chercher, savoir qui j'étais, si j'étais saine mentalement, ce que je voulais. Ne pas suivre la voix qu'on me traçait : "tu feras Sciences-po, tu devrais travailler dans l'administration, tu ne pourras jamais réaliser tes rêves d'être Concepteur-rédacteur, écrivain, ... (remplir ici avec mes différentes lubies)". Alors j'ai fait une prépa Sciences-po, j'ai fait du droit... J'ai fait une dépression, une tentative de suicide.

J'ai rompu, mis fin à une histoire de quatre ans.

Je suis née. A 21 ans. Lors de mon retour à Paris, lors de mon premier choix de vie d'adulte : celui de mes études et de mon travail. J'ai choisi le métier de commercial, et de poursuivre mes études. J'ai choisi un métier qui m'attirait, en adéquation avec mes qualités et mes envies : le charisme, convaincre. Je suis fière de ce choix, même si je sais que je peux toujours changer. J'aime ce que je fais.

J'ai conquis mon indépendance, comme on construit une maison pierre après pierre. Ce fût dur de retourner vivre chez mes grands-parents, et je n'avais qu'une envie, repartir. J'ai enfin réalisé ce rêve, et les relations avec eux n'ont gardé que le meilleur.

Je sais qui je suis, de quoi je suis capable, en partie.

Et surtout... ma famille m'aime. Mes grands-parents sont fiers de moi. Ils savent que je ne suis pas malade, maintenant. Ils ont confiance en moi.

C'est aussi pour ça que je rejetais toujours leurs conseils, et encore aujourd'hui. J'ai toujours voulu me débrouiller par moi-même, montrer que j'en étais capable.

Aujourd'hui, je suis heureuse. Je ne suis pas malade comme ma mère, non....

Ecrit par Calyire, à 01:16 dans la rubrique "Réflexions".
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Vendredi (16/10/09)
Si évident, et pourtant tant refoulé
C'est une discussion avec les filles qui a fait surgir des mots évidents que je n'osais pourtant pas m'avouer.
Annabelle : "tu lui en veux beaucoup à ta mère. Il faudrait que tu arrives à accepter".
Moi : accepter quoi ? De lui en vouloir, ou sa maladie ?
Elle : accepter, par exemple, de ne pas l'aimer...
On ne doit rien à ses parents biologiques, là où on a une dette c'est quand on a été aimé, élevé, éduqué etc.

C'est vrai, je ne dois rien à ma mère, procréer ça n'a pas de mérite, c'est assumer ses responsabilités qui est bien. Mais ma mère est malade, certes elle m'a fait plein de saloperies. Dans le fond, elle ne pense sûrement pas à mal, elle ne raisonne pas comme moi et je ne peux pas me mettre à sa place.
Mais je ne peux nier que ses mots, ses actes ont un impact sur moi, quelles que soient ses intentions. Il faut que ça puisse glisser sur moi, que ça ne m'atteigne pas.
Pourtant elle trouve toujours le point sensible.
Me mettre en colère contre elle me fait du bien, mais en meme temps je me dis que c'est injuste et je culpabilise. Elle incarne une maladie, mais je ne peux pas parler à la maladie, je ne peux m'adresser qu'au corps qu'elle habite et qui n'en est pas responsable.
Cela dit je suis tout autant victime de ces mots.

Alors que faire, comment trouver ma place, le juste milieu dans cette relation mère fille... Qui est la mère, qui est la fille ?

Dois je accepter, comme le dit Amal, d'être redevable à ma mère toute ma vie parce que c'est ma mère, et de m'occuper d'elle sans me poser de question... en gros de me SACRIFIER ?

Pour moi, la réponse est clairement non, je ne veux pas me sacrifier, je veux vivre ma vie et être heureuse. Je ne peux RIEN faire pour elle, même si je me "sacrifie" ça ne servira à rien, elle n'ira pas mieux et ne sera pas moins malade ! Certes, comme dit Amal, ma mère me donne une chose : de l'amour.
Mais comme je lui ai répondu, elle ne M'aime pas, elle aime sa fille, or elle ne sait pas qui est sa fille. Elle ne connaît pas mes pensées intimes, mes rêves, ce qui fait que je suis moi : mes doutes, mes espoirs, mes amours et mes interrogations. Elle n'a pas su répondre à ces dernières, dans le domaine de la famille : qui est mon père, à quoi ressemble t il, où se trouve t il ?
Je mets une barrière entre elle et moi.

Je ne veux pas être "le sauveur". Si cette relation continue d'exister, je veux qu'il y ait un partage, un échange, et surtout pas destructeur. Si elle me donne quelque chose, un sourire, un rire, c'est déjà beaucoup. L'amour aussi mais que signifie t il... Est ce que j'en veux vraiment ...
Le problème c'est que je ne sais jamais quand ça arrivera, la prochaine parole blessante, la prochaine anecdote qui me fait sentir impuissante par rapport à sa vie, sa misère sociale.

Eternelles questions, je tourne en rond.

Peut être que la prochaine étape pourrait être d'exprimer ma colère contre elle, toute cette colère qui me ronge. Je croyais que c'était de la culpabilité de ne pas m'occuper d'elle. C'est peut être la culpabilité de lui en vouloir. De la détester ?
Cette haine, cette énergie destructrice que je retourne contre moi même, que je tente d'enfouir sous des tonnes de nourriture... Alors oui, les crises de boulimie frappent fort et ne disparaissent pas en un clin d'oeil. Et oui, ce sera sûrement une succession de déclics plus qu'un miracle. Et aussi un long, long travail sur moi même... Un long chemin parsemé d'embûches mais aussi d'embellies.

Cette colère, comment l'exprimer, et contre qui ? L'engueuler au téléphone ? Pourquoi pas, la prochaine fois qu'il y aura une raison, si ça me fait du bien... Mais en attendant, pour toutes ces choses : avoir déchiré les photos de mon père, m'avoir mis au monde "égoîstement" (mais y a t il des raisons vraiment altruistes de faire un enfant ?), dans des conditions où je ne connaîtrais pas mon père et où elle même ne pourrait pas m'élever, même si elle n'y a sûrement pas pensé. J'étais sa poupée, sa thérapie ? Pourtant elle m'aime...

Pourquoi suis je condamnée à devoir lui donner des nouvelles si je ne veux pas être rongée par ma mauvaise conscience, ne peut elle pas se réjouir pour moi simplement en me sachant heureuse ?

Le choix m'appartient. Ni à mes grands parents, ni à ma tante, ni à ma psy, ni à ma mère.

Pourquoi ne pas tenter de lui dire ma colère, calmement. Pour lui pardonner... et me pardonner de lui en vouloir.
Ecrit par Calyire, à 00:12 dans la rubrique "Réflexions".
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Mardi (25/08/09)
La sangsue

Elle fait partie de moi, ne me quittera probablement jamais quoi que je fasse, même si je pars à l'autre bout du monde... Je ne peux faire qu'une chose, apprendre à vivre avec.

Pourtant elle n'est ni agréable, ni facile. L'ignorer, je ne peux pas sinon c'est ma mauvaise conscience qui me rattrape. Si je la fuis, elle me bouffe.

Si je l'affronte, je souffre un grand coup, et de mon corps s'extirpent des larmes. Mais jamais je ne pourrais la vaincre d'un coup, ce serait trop facile. Tout ce que je peux faire, c'est la regarder en face, et la relativiser. J'ai voulu apprendre à la connaître, la cerner, pour faire la part des choses. Mais même pour les spécialistes, ce n'est pas une science exacte, et je n'ai pas pu mettre de mot dessus.

Si nous nous entendons bien, je n'en souffre pas moins, car je sais qu'elle est là et qu'elle ne partira jamais. Il suffirait d'un rien pour raviver l'espoir, mais c'est impossible. Il paraît pourtant que ça s'atténue avec l'âge... La sangsue et "elle", la sangsue est elle, je ne sais pas les difféncier. Puis-je lui en vouloir alors ? Lui pardonner ? Où mettre les limites ? Me mettre en colère me fait du bien, mais je ne veux pas lui faire de peine gratuitement.

Je peux remplir mes journées, ma vie, mon ventre ou mon carnet d'adresses autant que je veux, au moindre temps mort elle ressurgira, à la moindre allusion elle reviendra de plein fouet, créant parfois une réaction totalement hors contexte et inattendue.

L'autre partie m'échappe. J'ai essayé de la découvrir, la rechercher en me disant que ça m'aiderait de savoir, mais ce fût en vain, malgré une grande émotion sur le moment. Avec les moyens modernes de technologie pourtant j'aurais pu mettre le doigt dessus et il n'est pas exclu que je tombe dessus un jour par hasard, par curiosité... J'oscille toujours entre colère et empathie, j'essaie de comprendre pour pardonner mais je me dis que ça reste une injustice que rien n'effacera. J'aurais aimé mettre un visage, juste un visage, sur cette autre partie qui n'a de moi que les gênes, et qui aurait dû avoir de moi... la responsabilité.

Je sais, regarder en arrière ne mène qu'à se casser la figure. Mais si je regarde aujourd'hui, il y a toujours ce manque et cette sangsue dont on se passerait bien. Et si je regarde demain, je me dis que je vivrai toujours avec, je n'aurais pas le choix, mais un jour je devrais prendre le relais pour porter seule cela, et ce sera un autre manque qui surgira.

Il s'agit de mon histoire. Aucune histoire n'est parfaite. Si ?

Ecrit par Calyire, à 02:09 dans la rubrique "Réflexions".
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Mardi (16/12/08)
Célibataire à terre

Etant moi-même une célibataire généralement épanouie, j'ai décidé de me pencher sur les différents visages du célibat de nos jours...

Il suffit de regarder autour de soi pour réaliser que le célibat ne rime pas nécessairement avec physique ou caractère difficile. Plus souvent avec exigeance ou envie de liberté.

A l'heure des nouvelles technologies, nous avons les moyens d'être exigeants : de même qu'on zappe à la télévision, on zappe les profils sur les sites de rencontres, on choisit presque son compagnon comme on choisit une nouvelle robe ! Et dès qu'on s'aperçoit d'une chose qui ne colle pas, on passe à un autre. Finis les efforts et le mariage à vie ! Aujourd'hui notre couple dure tant que dure l'amour, mais pour qu'il naisse, encore faut-il se laisser le temps !

Etre en couple peut faire peur car tomber amoureux, se caser, c'est aussi se poser : habiter ensemble, prendre des habitudes, partir en vacances ensemble et négliger quelque peu les amis et nouvelles connaissances...

Quand on est jeune, qu'on débute dans la vie professionnelle et qu'on a pleins de projets en tête, difficile de s'imaginer retenu par l'attache sentimentale à un endroit précis !

Et puis vivre en couple, c'est apprendre à faire des compromis, faire les repas pour deux, avoir des horaires compatibles, et mieux vaut apprécier les amis du conjoint ! Bien sûr, la vie à deux c'est aussi les câlins, la tendresse, le soutien mutuel et les parties de rigolade...

Pour autant l'idée de "moitié" n'est pas juste : on peut être entier à soi tout seul, avoir une vie riche d'amis, de passions et d'affection tout en étant célibataire !

Alors pourquoi est-il généralement mal vu d'être seul ? Est-ce forcément une situation subie et non satisfaisante ? Dans la vie professionnelle par exemple, à partir de trente ans c'est louche de ne pas être en couple. Cela semble cacher quelque chose : un défaut rédhibitoire, l'homosexualité ?

On peut aussi être en couple pour autre chose que l'amour : l'intérêt bien sûr, mais aussi la peur de la solitude. Et puis on intériorise tellement les normes sociales que notre vie semble être programmée selon un schéma : travailler, se marier, faire des enfants, attendre la retraite...

Et pourquoi certains couples amoureux considèrent leurs amis célibataires comme des gens qui font le mauvais choix ?

Plus généralement, j'ai l'impression que l'être humain a besoin d'être convaincu que sa façon de vivre est la meilleure, et que tout système de valeurs différent est mauvais. Sûrement est-ce une barrière de l'estime de soi...

Ecrit par Calyire, à 23:17 dans la rubrique "Réflexions".
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Jeudi (02/10/08)
Le visage : si intime et pourtant public

Le visage ne fait pas l'objet de pudeur, excepté peut-être pour les femmes portant la burka. Et pourtant, n'est-ce pas ce qu'il y a de plus révélateur de nos émotions, nos pensées ? Ce qui permet à notre interlocuteur de nous percer à jour ?

L'expression ou l'orientation du regard , une moue incontrôlée ou un sourire forcé, les joues qui rougissent... ne sont-ils pas autant d'indices de ce que nous voudrions cacher ? Le langage du corps peut encore se travailler, mais il est plus difficile de garder spontanément une expression neutre lorsque nous sommes en proie à une vive émotion. De même, la fatigue, le passage des années s'amoncellent autour des yeux et le maquillage ou la chirurgie ne font que camoufler tant bien que mal les traits tirés.

 L'expression "faire bonne figure" reflète bien cette idée, de même que "le masque social" : tout passe par le visage !

Mais nous pouvons aussi nous servir de nos yeux et de notre sourire pour communiquer au-delà des mots... 

Ecrit par Calyire, à 23:11 dans la rubrique "Réflexions".
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Lundi (02/06/08)
Le grand horloger

En lisant un paragraphe sur l'art d'argumenter, je tombe sur l'exemple suivant :

"Un athée mit un jour William Paley au défi de réfuter qu'il n'existait pas d'Etre Suprême. Tranquillement Paley sortit sa montre, ouvrit le boîtier et dit : "Si je vous affirme que ces rouages et ces ressorts se sont faits tout seuls, se sont ordonnés et se sont mis à fonctionner d'eux-mêmes, ne douteriez-vous pas de mon intelligence ? Bien sûr que si ! Regardez les étoiles, chacune a une course et un mouvement déterminé ; la terre et les planètes tournent autour du soleil à plus d'un million de kilomètres par jour. Chaque étoile est elle-même un autre soleil avec son groupe de planètes qui foncent dans l'espace comme notre propre système solaire. Et, cependant, il n'y a ni collision ni désordre, tout est parfaitement contrôlé. Est-il plus facile de croire que c'est un effet du hasard ou que quelqu'un a créé tout cela ?".

Je ne sais pas si cela vous a convaincu, mais moi ça m'a fait réfléchir.

Comparer l'univers à une montre ce n'est pas nouveau : pour certains Dieu est "le grand horloger", le grand architecte de l'univers... Son rôle s'arrête-t-il là ?

Mais surtout : pourquoi ? Celui qui fabrique une montre, le fait pour gagner sa vie et pour permettre à d'autres de lire l'heure.

Celui qui crée l'univers, avec une seule planète habitée par des animaux et des hommes à la durée de vie dérisoire... A quoi bon ?

Finalement, la différence entre ce qu'on appelle Dieu et le hasard, c'est peut-être ça : l'intentionalité.

Hasard : cause accidentelle d’événements ou de phénomènes qui n’ont pas été provoqués délibérément.

Dieu : être suprême, créateur de toutes choses et sauveur du monde.

Alors si on appelle le hasard "Dieu", je suis d'accord pour dire qu'il est le créateur, non pas de toutes choses mais, disons, de l'univers. En ce qui concerne l'être suprême : en aucun cas je ne laisserais le hasard gouverner ma vie ! Dans le monde il intervient forcémment, il y a l'imprévu, les accidents, les coïncidences... Et pour le "sauveur du monde" : pourquoi attendre pour sauver le monde et laisser des gens mourir de faim et de misère ? Et la vie après la mort, je ne trouve pas ça "facile" à croire d'un point de vue rationnel. Rassurant, peut-être, mais facile...

Ecrit par Calyire, à 20:33 dans la rubrique "Réflexions".
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Dimanche (01/07/07)
L'amour, qu'est-ce que c'est ?

Suite à une discussion sur les définitions personnelles de l'amour, je voulais tenter de cerner le sujet.

Tout d'abord ce que l'amour n'est pas.

La possession, la jalousie, une prison, la fusion. Un amour ne peut pas être sain et durable sans une grande part d'autonomie, à mon sens. Ca dépend des caractères, mais je sais que pour ma part j'ai besoin de conserver mon indépendance.

La compréhension. Je ne pense pas que deux personnes, aussi proches soient elles, puissent se connaître parfaitement. D'ailleurs toutes les fois où quelqu'un a cru me connaître, il s'est trompé. Croire qu'on connaît l'autre, c'est penser à sa place, savoir ce qui est bon pour lui, et lui en vouloir s'il n'agit pas comme on voudrait qu'il agisse. Il n'est jamais possible de cerner totalement quelqu'un, et c'est ça qui fait l'intérêt d'une relation, la découverte perpétuelle, l'émerveillement, la surprise...

Un refuge. A mon sens c'est une erreur d'attendre de l'autre qu'il nous aide à porter ou résoudre nos problème. Ma philosophie, c'est de toujours ne compter que sur moi. Je ne veux pas porter les problèmes des autres, comme je ne veux pas mêler les autres à mes soucis. Cela n'amène qu'anxiété, inquiétude, sentiment d'impuissance et frustration. La seule chose qui peut aider c'est de se savoir aimé, et c'est déjà pas mal ! Mais attention, je ne nie pas le rôle de l'empathie, qui est essentielle pour se sentir pris en considération et respecté.

L'amour, c'est donc...

Une complémentarité. Je rencontre beaucoup de couples qui se ressemblent comme deux gouttes d'eau, aussi bien physiquement qu'intellectuellement. En ce qui me concerne je préfère quelqu'un de différent, je ne veux pas d'un miroir ! Ce qui m'attire c'est la découverte, l'inconnu, le mystère. J'aime apprendre de nouvelles choses, découvrir de nouveaux centres d'intérêt, sortir un peu de mon petit monde et voler vers de nouveaux horizons. On ne voyage jamais tant que par les rencontres !

Une complicité. Le moteur du couple reste les bons moments partagés, de rire ou de tendresse, de joie comme de tristesse. Certes c'est souvent une illusion, mais on s'accroche à ce qu'on peut. Il faut de la patience avant de commencer à connaître quelqu'un et à l'apprécier ou l'aimer pour ce qu'il est vraiment, et non pour l'image qu'on se fait de lui. On dit que l'amour dure trois ans, et s'il y a effectivement une crise au bout d'un certain nombre d'années ça vient sûrement des désillusions, des espoirs infondés, des conceptions de la vie et de l'avenir qui divergent. En ce sens c'est important de se ressembler, de partager les mêmes valeurs fondamentales. C'est comme parler la même langue. C'est pour cela que la plupart des membres d'un couple sont issus d'un milieu social similaire.

Du plaisir partagé. Cela inclut la connivence intellectuelle, indispensable pour moi. Que les points de vue soient les mêmes ou non, il est essentiel de pouvoir les partager, les confronter et les modifier en discutant.

Mais cela comprend aussi la bonne entente physique, qui n'en est pas moins importante surtout sur le long terme. Il faut une harmonie, une chimie des corps et des coeurs. Evidemment l'attirance physique est l'ingrédient principale de cette recette, à laquelle s'ajoutent la sensualité, l'écoute et le partage, le désir et le plaisir.

L'amour c'est aussi le mystère, cette part de l'autre qui nous échappe. Ce qui fait qu'on ne s'ennuie jamais, qu'on a toujours à apprendre.

L'amour enfin c'est progresser ensemble. S'épauler dans les moments durs. Partager les réussites. Evoluer au gré de la vie et des rencontres, mais évoluer à deux.

Parfois on s'aime, mais l'amour est impossible... Je l'ai vécu. On s'aimait pour ce qu'on était, mais on ne pouvait pas vivre ensemble pour ce qu'on pensait. Ce fût long et difficile à réaliser. Mais nos chemins se sont séparés sans regrets...

Pour finir je vais citer les qualités qui me paraîssent indispensables pour aimer, que ce soit amicalement ou amoureusement :

- l'honnêteté intellectuelle, le fait de reconnaître ses erreurs et d'avoir l'intelligence d'en tirer des conclusions. Savoir se remettre en cause et s'excuser. Avoir une bonne faculté d'auto-analyse.

- l'esprit critique

¤ Vis à vis de soi-même : cela rejoint l'honnêteté intellectuelle, mais aussi l'auto-dérision.

¤ Vis à vis de l'extérieur : avoir un regard neutre sur les évènements puis les analyser avec nos connaissances, quitte à se renseigner sur le sujet pour ne pas tirer de conclusions hâtives. Ne pas tout gober, savoir faire le tri dans les informations. Ne pas être influençable inconsciemment.

- l'humour : qualité sans laquelle on s'ennuit vite... Je connais peu de gens dépourvus d'humour. J'apprécie particulièrement l'humour absurde (anglais), l'humour spirituel (jeux de mots un peu subtils), l'humour pince sans rire (le contraire du mien !) et l'humour noir (mais pas glauque ou gore). J'aime ceux qui savent tout prendre avec légèreté, qui ont un regard neuf et une approche originale. Ma référence en la matière est bien sûr Pierre Desproges.

- l'intelligence. Eh oui, je suis élitiste ! Cela dit, l'intelligence c'est très vague. Disons que l'idéal c'est un bon équilibre entre l'intelligence abstraite et concrète. Il paraît que les génies sont parfois incapables de faire cuire un oeuf : ça ne m'étonne pas, ils sont tellement dans leur monde et leurs pensées qu'ils ne se soucient même plus de la réalité !

Quelqu'un que j'admirais disait : "l'intelligence, c'est la capacité à faire des liens". Pour moi l'esprit critique fait partie de l'intelligence, ainsi qu'un bon sens de l'observation. La mémoire serait plutôt l'instrument de l'intelligence, pas sa composante. L'intelligence c'est aussi la créativité, l'imagination, la capacité à se tirer de situations abracadabrantes grâce à des astuces. L'ouverture d'esprit est aussi une forme d'intelligence.

- la gentillesse, ou l'intelligence du coeur. La gentillesse c'est l'empathie, quitter sa peau pour quelques instants et savoir se mettre à la place de l'autre. Mais être gentil n'est pas (forcémment) être niais : l'idéal est de s'avoir s'affirmer, d'avoir une bonne dose de confiance en soi et une part vitale d'égoïsme. Penser aux autres n'est pas s'oublier soi-même !

Ecrit par Calyire, à 19:46 dans la rubrique "Réflexions".
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Samedi (23/06/07)
Risquer
Risquer
 
Rire, c’est risquer de paraître étourdi
Pleurer, c’est risquer de paraître sentimental
Atteindre une autre personne, c’est risquer l’intimité
Laisser couler ses émotions, c’est risquer d’exposer son vrai soi-même
Parler de ses idées, de ses rêves devant les autres, c’est risquer de les perdre
Aimer, c’est risquer de ne pas être aimé en retour
Vivre, c’est risquer de mourir
Espérer, c’est risquer le désespoir
Essayer, c’est risquer l’échec
 
Cependant, les risques doivent être pris, car le plus grand risque de la vie, c’est de ne rien risquer.
L’individu qui ne risque rien, ne fait rien, n’a rien et n’est rien : il a confisqué sa liberté.
Seule une personne qui risque… est libre. 
 
Ecrit par Calyire, à 00:29 dans la rubrique "Réflexions".
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Mercredi (11/10/06)
Vieillesse, rides et chirurgie

J'ai vu une émission où trois personnes de 54 à plus de 70 ans voulaient rajeunir pour différentes raisons, d'au moins dix ans ! Une ancienne mannequin voulait même "perdre" 30 ans..

Perdre, je crois que c'est le bon mot. Je comprends leur démarche pour des raisons purement esthétiques. Il y avait un homme, jeune père, qui ne voulait rajeunir que pour son enfant. Je trouve ça légitime. Une autre était complexée par ses rides, profondes il est vrai. Le chirurgien a eu un mot terrible, il a parlé de visage "ravagé". Pour qu'elle en arrive à tolérer une insulte pareille, il faut vraiment qu'elle se déteste...

Et pourtant, son visage parcheminé, brûlé par le soleil, abîmé par la fumée de cigarette raconte sa vie, ses excès, sa beauté fraîche d'antan. Elle ne peut pas cacher qu'elle est grand-mère, mais on ne lui donne pas son âge. Elle dit que les gens se retournent sur son passage tellement ils sont choqués par ses rides, je pense plutôt que c'est parce qu'elle est belle.

Quant à l'ex top-model, le lifting lui a réussi, mais n'est-ce pas parce qu'elle n'a pas assez de beauté intérieure pour transparaître sur son visage ?

Beaucoup disent qu'ils se sentent jeunes dans leurs corps et dans leurs têtes et que cela produit un vrai décalage. Je comprends. Pourtant, chaque ride parle d'une étape, d'un passé, d'une histoire qu'on ne peut pas effacer, au fond. Les petits-enfants de la dame sympathique ne voulaient pas qu'elle se fasse opérer, car leur mamie est comme ça, et elle est bien comme elle est. Ils craignaient de ne plus la reconnaître. C'est terrible d'entendre les discours des chirurgiens, si convaincants, si "pros", alors que pour eux ce n'est qu'une affaire de business, un défi purement professionel. Chacun son intérêt, mais pour des gens perdus, c'est si tentant.

Se pose encore la question de l'argent. On en parle tellement qu'on pourrait penser que c'est gratuit, tous ces charcutages. Mais c'est encore réservé aux plus riches. Cela se généralise sans se démocratiser. Les bouches refaites de toutes les actrices d'Hollywood paraîssent naturelles pour les non-avertis, même avec photo avant/après à l'appui. Mais n'est-ce pas alors de la mauvaise foi ? La perfection n'existe pas à l'état pur. A force de nous gaver d'images retouchées, on pense que c'est ça la beauté. Il faut résister. La beauté c'est le temps, l'expérience. La beauté rayonne dans un sourire sincère, dans des yeux qui pétillent de malice. La beauté se reflète dans une larme de joie qui roule doucement sur la joue, puis qui se jette du menton. La beauté c'est un couple qui s'embrasse quand il se retrouve (du verbe "embrasser", prendre dans les bras), c'est le premier sourire d'un enfant, c'est le ronronnement d'un chaton. La beauté c'est l'innocence de la nature, d'une rose, d'un arc-en-ciel.

Qu'y a-t-il de beau dans un physique surfait, travaillé à coup d'injections et de fils d'or ? Plein de prothèses et de botox ? Il n'y a même plus d'expression... Les personnes laides ne deviennent pas belles d'un coup de baguette magique, juste banales...

Un proverbe africain dit : "un ancien qui meurt c'est une bibliothèque qui brûle". Et Dieu sait le prix affectif des livres !

Ecrit par Calyire, à 17:45 dans la rubrique "Réflexions".
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