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Le journal de ma vie ou la quête du...quoi ?
Jeudi (19/11/09)

Moi qui avais l'espoir que notre génération serait indépendante, libérée et égalitaire...

Je me demande si les hommes d'aujourd'hui ne sont pas encore plus machos que nos pères...Quand je vois mes collègues qui passent leur journée à juger les filles sur leurs formes, à les descendre en flèche si elles ne correspondent pas à leurs critères.. A estimer que c'est aux femmes de faire les tâches ménagères. Ils vivent encore chez leurs parents car ils aiment entendre leurs mères appeler "A table!"...

Quand j'entends les paroles des chansons d'aujourd'hui, quand je vois les clips où même les femmes jouent sur leur image de bimbo, sans une once d'autodérision. Quand j'observe les participants des cours de sport, lookés de la tête aux pieds, certaines maigres comme des clous aux seins refaits.

Dans quel monde d'apparence et de superficialité vivons-nous ? Est-ce le lot des femmes de se conformer à une norme physique pour avoir une valeur, pour être reconnues ?

Comment s'imposer par sa compétence et ses qualités ? Comment être trouvée belle et non bonne ?

Marre d'entendre ces commentaires déplaisants sur les femmes, marre de ces inégalités, marre de la bêtise crasseuse et de l'ignorance vulgaire.

Ecrit par Calyire, à 01:33 dans la rubrique "Réflexions".
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Lundi (16/11/09)
Epuisée
Il y a des jours, des moments où je me sens vidée de mon énergie, à plat... Comme ce soir, où même mon cours de danse ne m'a pas motivée pour la première fois de l'année : j'ai dû me forcer pour y aller, et une fois là-bas mon corps me pesait, alors que d'habitude je me laisse entraîner par la musique et je sautille avec entrain.

Il y a des jours où je m'épuise pour rien, où je dépense mon énergie à des choses vaines, où je cours après des gens qui n'en ont rien à faire de moi. Pas forcémment parce que ces gens sont intéressants, juste pour ne pas me retrouver seule. Eh oui, mes collègues de cette année, contrairement à mon ancien boulot, ne m'apportent rien. J'ai vraiment le sentiment de ne pas pouvoir échanger avec eux.

Il y a aussi cette nouvelle relation, qui me donnait de l'espoir et de la joie au début, un peu comme chaque nouvelle relation... Cette impression d'être sur un petit nuage. Mais aussi les peurs et hantises qui reviennent au galop. L'attente de l'ombre au tableau qui, immanquablement, finie par arriver. Eh oui, l'ombre en l'occurence, c'est l'absence, car je ne le vois jamais. Il sort d'une relation longue, s'investit à fond dans son travail, par à l'étranger pour sa passion... et moi dans tout ça, je n'ai pas la place que je voudrais. Alors j'attends que ça change, je lui en parle. La patience n'est pas ma qualité principale, je fais pourtant un effort car je donne toujours une chance, voire une deuxième chance... quand ça en vaut la peine. Mais j'ai hâte d'être fixée, j'ai l'impression de me débattre dans des sables mouvants. Ca m'use...
Ecrit par Calyire, à 01:49 dans la rubrique "Journal".
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Lundi (09/11/09)
Faire ses preuves

C'est vrai que la confiance en soi est basée sur l'image que nos parents nous renvoit pendant l'enfance... Basée seulement, car on peut ensuite bâtir par dessus, ou même refaire les fondements bancals...

Ma tante me l'a redit l'autre jour : quand j'étais petite, mes grands-parents disaient que j'étais comme ma mère, que j'allais devenir comme elle... Je ne les entendais pas, mais je le sentais. Comme une chappe de plomb qui me pesait dessus, comme si mon destin était tracé et que j'allais le rencontrer comme on heurte un mur. Surtout quand ma grand-mère se trompait de prénom et m'appelle comme ma mère.

Ca arrive encore. Mais aujourd'hui, je sais que si elle confond les prénoms, c'est parce qu'elle m'aime comme sa fille. Ma tante dit, c'est comme si elle avait perdu une fille (ma mère), et qu'elle en avait retrouvé une avec moi. Enfin, je ne remplace pas non plus, j'ai ma place à part entière. Je la cherche encore, parfois.

Ado, on ne sait pas encore de quoi seront faits les lendemains. Surtout quand on ne connaît pas son père, qu'on a une mère malade et qu'on croit que c'est héréditaire. Forcémment, j'ai fait une dépression. Je me suis débattu très fort avec toutes ces questions qui me torturaient, j'ai tenté de retrouver mon père. Sans succès : j'ai dû m'accoutumer à ce vide, me dire que je ne saurai probablement jamais à quoi ressemble la moitié de mon arbre généalogique, et encore moins entendre sa version des faits.

J'ai dû apprendre à composer avec la maladie de ma mère, depuis toute petite. Quand je lui parlais au téléphone, qu'elle se servait de moi pour faire passer des messages à mes grands-parents. Qu'elle me racontait que les gosses de son quartier lui balançaient des pierres... je me sentais impuissante, malheureuse de ne rien pouvoir faire. Quand j'allais la voir avec mes grands-parents, dans son appart minable. Quand je ne savais pas comment gérer la présence de son compagnon, jamais bien loin quand je lui passais un coup de fil. Son compagnon malade lui aussi, ou un peu débile.

Et en plus, j'ai dû me chercher, savoir qui j'étais, si j'étais saine mentalement, ce que je voulais. Ne pas suivre la voix qu'on me traçait : "tu feras Sciences-po, tu devrais travailler dans l'administration, tu ne pourras jamais réaliser tes rêves d'être Concepteur-rédacteur, écrivain, ... (remplir ici avec mes différentes lubies)". Alors j'ai fait une prépa Sciences-po, j'ai fait du droit... J'ai fait une dépression, une tentative de suicide.

J'ai rompu, mis fin à une histoire de quatre ans.

Je suis née. A 21 ans. Lors de mon retour à Paris, lors de mon premier choix de vie d'adulte : celui de mes études et de mon travail. J'ai choisi le métier de commercial, et de poursuivre mes études. J'ai choisi un métier qui m'attirait, en adéquation avec mes qualités et mes envies : le charisme, convaincre. Je suis fière de ce choix, même si je sais que je peux toujours changer. J'aime ce que je fais.

J'ai conquis mon indépendance, comme on construit une maison pierre après pierre. Ce fût dur de retourner vivre chez mes grands-parents, et je n'avais qu'une envie, repartir. J'ai enfin réalisé ce rêve, et les relations avec eux n'ont gardé que le meilleur.

Je sais qui je suis, de quoi je suis capable, en partie.

Et surtout... ma famille m'aime. Mes grands-parents sont fiers de moi. Ils savent que je ne suis pas malade, maintenant. Ils ont confiance en moi.

C'est aussi pour ça que je rejetais toujours leurs conseils, et encore aujourd'hui. J'ai toujours voulu me débrouiller par moi-même, montrer que j'en étais capable.

Aujourd'hui, je suis heureuse. Je ne suis pas malade comme ma mère, non....

Ecrit par Calyire, à 01:16 dans la rubrique "Réflexions".
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Jeudi (05/11/09)
Consommation
Une banale visite chez Boulinier dans l'intention de vendre quelques DVDs m'a fait réalisé bien des choses, comme un flash de lucidité qui a tendance à me manquer quand je me lance à l'assaut des magasins dans mes virées shoppings hebdomadaires.

En effet lorsque j'ai emménagé et avant d'avoir Internet, j'avais envie d'une occupation pour les longues soirées d'hiver. Et un peu sur un coup de tête, il faut bien le dire, j'ai décidé de m'offrir deux coffrets de la série so girly "Ally mac Beal". Prix d'un coffret : 40 €. Ce n'est donc pas donné, loin de là ! Mais je ne me suis pas posé plus de questions que ça.

Fin de mois dernier, un peu difficile, je décide donc d'aller revendre ces coffrets en magasin. Vu le prix qu'ils m'ont coûté, neuf, j'espère bien en tirer une ou deux dizaines d'euros.

J'entre dans la boutique, baignée d'un son jazz qui me tape sur le système, et me dirige vers le comptoir destiné à revendre ses produits. La queue devant moi diminue au fur et à mesure qu'une nana brune, filiforme et antipathique annonce le prix auquel seront repris les dizaines de CDs, livres : "50 centimes", "2 euros".. Les gens acceptent, passent en caisse puis repartent.
J'imagine en même temps leur bibliothèque qui se vident d'un coup. Pour si peu d'argent.
Arrive mon tour. La brune ne daigne même pas répondre à mon "bonjour", et m'annonce aussi sec "2€40".
Instantanément je réponds que je préfère garder mes biens, et claque mes talons aussi sec. Non mais !

Là je me dis qu'un achat, impulsif ou non, n'est jamais anondin, vu la difficulté avec laquelle on peut le revendre et la quantité d'argent qui sera perdue ainsi.

Mais je prie aussi très fort pour ne jamais être contrainte de revendre des objets auxquels je tiens à un prix si ridicule. Car ce n'est pas l'hypothétique sourire de la brune qui compenserait l'humiliation de la situation.
Ecrit par Calyire, à 23:29 dans la rubrique "Cinéma".
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Vendredi (16/10/09)
Si évident, et pourtant tant refoulé
C'est une discussion avec les filles qui a fait surgir des mots évidents que je n'osais pourtant pas m'avouer.
Annabelle : "tu lui en veux beaucoup à ta mère. Il faudrait que tu arrives à accepter".
Moi : accepter quoi ? De lui en vouloir, ou sa maladie ?
Elle : accepter, par exemple, de ne pas l'aimer...
On ne doit rien à ses parents biologiques, là où on a une dette c'est quand on a été aimé, élevé, éduqué etc.

C'est vrai, je ne dois rien à ma mère, procréer ça n'a pas de mérite, c'est assumer ses responsabilités qui est bien. Mais ma mère est malade, certes elle m'a fait plein de saloperies. Dans le fond, elle ne pense sûrement pas à mal, elle ne raisonne pas comme moi et je ne peux pas me mettre à sa place.
Mais je ne peux nier que ses mots, ses actes ont un impact sur moi, quelles que soient ses intentions. Il faut que ça puisse glisser sur moi, que ça ne m'atteigne pas.
Pourtant elle trouve toujours le point sensible.
Me mettre en colère contre elle me fait du bien, mais en meme temps je me dis que c'est injuste et je culpabilise. Elle incarne une maladie, mais je ne peux pas parler à la maladie, je ne peux m'adresser qu'au corps qu'elle habite et qui n'en est pas responsable.
Cela dit je suis tout autant victime de ces mots.

Alors que faire, comment trouver ma place, le juste milieu dans cette relation mère fille... Qui est la mère, qui est la fille ?

Dois je accepter, comme le dit Amal, d'être redevable à ma mère toute ma vie parce que c'est ma mère, et de m'occuper d'elle sans me poser de question... en gros de me SACRIFIER ?

Pour moi, la réponse est clairement non, je ne veux pas me sacrifier, je veux vivre ma vie et être heureuse. Je ne peux RIEN faire pour elle, même si je me "sacrifie" ça ne servira à rien, elle n'ira pas mieux et ne sera pas moins malade ! Certes, comme dit Amal, ma mère me donne une chose : de l'amour.
Mais comme je lui ai répondu, elle ne M'aime pas, elle aime sa fille, or elle ne sait pas qui est sa fille. Elle ne connaît pas mes pensées intimes, mes rêves, ce qui fait que je suis moi : mes doutes, mes espoirs, mes amours et mes interrogations. Elle n'a pas su répondre à ces dernières, dans le domaine de la famille : qui est mon père, à quoi ressemble t il, où se trouve t il ?
Je mets une barrière entre elle et moi.

Je ne veux pas être "le sauveur". Si cette relation continue d'exister, je veux qu'il y ait un partage, un échange, et surtout pas destructeur. Si elle me donne quelque chose, un sourire, un rire, c'est déjà beaucoup. L'amour aussi mais que signifie t il... Est ce que j'en veux vraiment ...
Le problème c'est que je ne sais jamais quand ça arrivera, la prochaine parole blessante, la prochaine anecdote qui me fait sentir impuissante par rapport à sa vie, sa misère sociale.

Eternelles questions, je tourne en rond.

Peut être que la prochaine étape pourrait être d'exprimer ma colère contre elle, toute cette colère qui me ronge. Je croyais que c'était de la culpabilité de ne pas m'occuper d'elle. C'est peut être la culpabilité de lui en vouloir. De la détester ?
Cette haine, cette énergie destructrice que je retourne contre moi même, que je tente d'enfouir sous des tonnes de nourriture... Alors oui, les crises de boulimie frappent fort et ne disparaissent pas en un clin d'oeil. Et oui, ce sera sûrement une succession de déclics plus qu'un miracle. Et aussi un long, long travail sur moi même... Un long chemin parsemé d'embûches mais aussi d'embellies.

Cette colère, comment l'exprimer, et contre qui ? L'engueuler au téléphone ? Pourquoi pas, la prochaine fois qu'il y aura une raison, si ça me fait du bien... Mais en attendant, pour toutes ces choses : avoir déchiré les photos de mon père, m'avoir mis au monde "égoîstement" (mais y a t il des raisons vraiment altruistes de faire un enfant ?), dans des conditions où je ne connaîtrais pas mon père et où elle même ne pourrait pas m'élever, même si elle n'y a sûrement pas pensé. J'étais sa poupée, sa thérapie ? Pourtant elle m'aime...

Pourquoi suis je condamnée à devoir lui donner des nouvelles si je ne veux pas être rongée par ma mauvaise conscience, ne peut elle pas se réjouir pour moi simplement en me sachant heureuse ?

Le choix m'appartient. Ni à mes grands parents, ni à ma tante, ni à ma psy, ni à ma mère.

Pourquoi ne pas tenter de lui dire ma colère, calmement. Pour lui pardonner... et me pardonner de lui en vouloir.
Ecrit par Calyire, à 00:12 dans la rubrique "Réflexions".
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Jeudi (08/10/09)
Ne me parlez plus de ma mère

Non, je n'ai plus envie de m'inquiéter d'elle

Ni de faire d'efforts, de l'appeler régulièrement et d'aller la voir au prix d'interminables questions et de lourdes larmes

Non, je n'ai plus envie de l'entendre et d'avoir de ses nouvelles.

Pourtant, j'ai essayé de dédramatiser

De faire comme si de rien n'était

Par elle être invitée à déjeuner

Pendant mes courses l'appeler

Tout cela pour enlever le poids de ma culpabilité

Lui faire plaisir, la rendre gaie.

Une fois, deux fois, cinq fois tout se passe bien

Nous discutions normalement, dans un climat serein.

Et puis tout à l'heure, au supermarché

Dans la file d'attente, je pense à l'appeler

C'est le moment qu'elle choisit

Pour m'envoyer un pic bien senti

Du genre que jamais l'on n'oublie

La phrase qui tue, celle qui appuie où ça fait mal

Mais au milieu des gens j'ai dû ravaler mes larmes

Supporter la boule dans la gorge

Pour ne pas lui hurler : arrête, tes mots sont une arme

Pourquoi me faire ça à moi, ta fille ?

De quoi veux-tu te venger, avec cette torpille ?

Alors j'appelle ma grand-mère, espérant qu'elle saura trouver les mots

Je lui dit combien je suis blessée,

Qu'aucune personne sensée

Dire cela n'aurait osé

Et pourtant elle l'a fait...

Méchanceté gratuite, cruauté ?

Simplement maladie... mais comment comprendre, et accepter, se protéger.

Ecrit par Calyire, à 23:10 dans la rubrique "Journal".
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Mardi (06/10/09)
Un jour ça arrive

Quand je commence à construire ma vie pierre après pierre

Réaliser mes rêves les uns après les autres,

Avec toujours beaucoup de projets en cours

Quelques désillusions aussi, parce que ça n'avance pas assez vite, parce qu'il y a des ombres et des domaines où je me cherche encore...

Beaucoup de rencontres, qui toutes m'ont façonnée et forgée, apportée en bien comme en mal, qui m'ont aidée à prendre conscience de mes faiblesses ou de mes doutes ; mais aussi des amitiés formidables qui se sont liées

Un nombre incalculable de fous rires

Et ces questions toujours au sujet des hommes et de l'amour...

Jusqu'au jour où

Une belle rencontre se produit. Une alchimie pourtant si difficile à trouver et donc si précieuse. Une spontanéité et une complicité naturelles et instantanées. L'impression de pouvoir faire confiance, et que ça sera mérité, enfin. Et aussi l'envie de donner. Pourtant j'ai une part de moi-même qui reste sur ses gardes, une petite voix qui me dit "Attention ! Et si c'était trop beau ? Et s'il y avait une ombre au tableau ?".

Alors il faut apprendre à s'abandonner, ne pas craindre que le passé se reproduise car j'ai changé, et chaque relation est unique. Attendre aussi, car il faut bien de la patience pour bâtir une histoire.

Et surtout, continuer à vivre intensémment mes passions et mes amitiés, car il n'y a pas de richesse plus grande que celle de l'union de deux êtres épanouis.

Ecrit par Calyire, à 22:23 dans la rubrique "Journal".
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Jeudi (17/09/09)
Equilibre

Peu de gens le savent, même mes amis ou amours... Seulement ceux qui ont vécu avec moi, mes amis d'enfance ou ceux en qui j'ai une entière confiance.

Pourtant, ma vie est construite autour, depuis 7 ans. Mon quotidien s'organise avec, comme la chair autour d'un squelette. C'est une sorte de béquille, de pilier sur lequel je m'appuie, qui m'évite de flancher complètement ou qui me permet tout simplement de faire bonne figure en toutes circonstances. Sans lui, je ne sais pas ce que je serais, et pourtant j'aimerais l'être, mais j'ai peur...

Peur du vide que ça laissera car sans ce moyen connu et habituel de calmer mes émotions, comment vais-je gérer les doutes et les souffrances ? Lorsque ce problème aura disparu, n'y aura-t-il pas autre chose de bien pire caché derrière, dont je me doute déjà ? Une culpabilité refoulée mais toujours bien présente pourtant, par exemple... Cela va-t-il remettre en cause toute l'estime de moi que j'ai réussi à me construire, jour après jour, succès après doute ?

Et pourtant, j'aimerais aplanir cet aspect sombre de moi, pouvoir être "comme tout le monde" et ne plus y penser...

Mais si je m'effondre...

Je veux tellement donner cette belle image de moi, celle d'une fille parfaite, souriante, agréable, forte et belle.

Celle que je suis au fond c'est aussi une facette plus rebelle, quelqu'un de révoltée contre les injustices de la vie, parce que j'en ai vécues dans ma chair, que j'ai lutté contre elles et que je m'identifie facilement aux "minorités". Quelqu'un de passionée, qui ne veut pas vivre dans la demie mesure -et c'est aussi là que mon trouble se retrouve- quelqu'un qui peut rire et pleurer pendant le même film. Quelqu'un qui se pose énormément de questions sur son histoire et qui n'en aura peut-être jamais fini.

Mais aussi une fille qui tente de remettre en cause les normes établies par la société pour essayer de trouver sa place là-dedans, en choisissant réellement ce qu'elle veut devenir.

Pourtant, cette chose-là je ne l'ai pas choisie, et même si elle fait partie de mon quotidien, elle n'est pas moi. Elle est la solution que mon corps et mon esprit ont trouvé, sans "me" consulter, pour une anesthésie rapide, un apaisant simple. Une drogue qu'on trouve partout, à chaque coin de rue.

Pourvu que ma santé n'en soit pas définitivement endommagée...

"La nécessité d'exercer un contrôle sur soi, de se soumettre aux lois morales. C'est l'achèvement de l'équilibre." Yolande Chéné

Ecrit par Calyire, à 23:44 dans la rubrique "Journal".
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Mardi (15/09/09)
La politique est-elle indispensable ?

Avec des taux d'abstention de plus en plus élevés dans les pays occidentaux, notamment récemment à l'occasion des élections européennes, on peut se demander quand le système finira par craquer. Dégoût de la politique, séparation entre les hommes de pouvoir et le peuple (par la richesse, les valeurs, les préoccupations) alors que les premiers sont censés représenter le second ; incompréhension des affaires d'Etat (repensons au référendum sur l'Europe).... Nombreuses sont les raisons de s'abstenir.

Selon Churchill, la démocratie est le pire des régimes à l'exception de tous les autres... Or la démocratie suppose le vote du peuple, dans un pays assez grand pour nécessiter des représentants. Sans vote, qu'adviendra-t-il ? Notre pays est-il un terreau propice à un coup d'Etat, une dictature ? En effet si plus personne ne se sent concerné, pourquoi vouloir défendre notre droit de vote, de penser... On se repose beaucoup sur l'Etat en espérant qu'il prenne en charge notre santé, notre sécurité, l'écologie, et j'en passe... Qu'adviendra-t-il si le pouvoir glisse petit à petit vers plus de pouvoir et moins de contrôle ?

Car sinon, comment se passer de politique, même dans un monde où chacun vit pour soi...

Ecrit par Calyire, à 22:56 dans la rubrique "En vrac".
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Mardi (25/08/09)
La sangsue

Elle fait partie de moi, ne me quittera probablement jamais quoi que je fasse, même si je pars à l'autre bout du monde... Je ne peux faire qu'une chose, apprendre à vivre avec.

Pourtant elle n'est ni agréable, ni facile. L'ignorer, je ne peux pas sinon c'est ma mauvaise conscience qui me rattrape. Si je la fuis, elle me bouffe.

Si je l'affronte, je souffre un grand coup, et de mon corps s'extirpent des larmes. Mais jamais je ne pourrais la vaincre d'un coup, ce serait trop facile. Tout ce que je peux faire, c'est la regarder en face, et la relativiser. J'ai voulu apprendre à la connaître, la cerner, pour faire la part des choses. Mais même pour les spécialistes, ce n'est pas une science exacte, et je n'ai pas pu mettre de mot dessus.

Si nous nous entendons bien, je n'en souffre pas moins, car je sais qu'elle est là et qu'elle ne partira jamais. Il suffirait d'un rien pour raviver l'espoir, mais c'est impossible. Il paraît pourtant que ça s'atténue avec l'âge... La sangsue et "elle", la sangsue est elle, je ne sais pas les difféncier. Puis-je lui en vouloir alors ? Lui pardonner ? Où mettre les limites ? Me mettre en colère me fait du bien, mais je ne veux pas lui faire de peine gratuitement.

Je peux remplir mes journées, ma vie, mon ventre ou mon carnet d'adresses autant que je veux, au moindre temps mort elle ressurgira, à la moindre allusion elle reviendra de plein fouet, créant parfois une réaction totalement hors contexte et inattendue.

L'autre partie m'échappe. J'ai essayé de la découvrir, la rechercher en me disant que ça m'aiderait de savoir, mais ce fût en vain, malgré une grande émotion sur le moment. Avec les moyens modernes de technologie pourtant j'aurais pu mettre le doigt dessus et il n'est pas exclu que je tombe dessus un jour par hasard, par curiosité... J'oscille toujours entre colère et empathie, j'essaie de comprendre pour pardonner mais je me dis que ça reste une injustice que rien n'effacera. J'aurais aimé mettre un visage, juste un visage, sur cette autre partie qui n'a de moi que les gênes, et qui aurait dû avoir de moi... la responsabilité.

Je sais, regarder en arrière ne mène qu'à se casser la figure. Mais si je regarde aujourd'hui, il y a toujours ce manque et cette sangsue dont on se passerait bien. Et si je regarde demain, je me dis que je vivrai toujours avec, je n'aurais pas le choix, mais un jour je devrais prendre le relais pour porter seule cela, et ce sera un autre manque qui surgira.

Il s'agit de mon histoire. Aucune histoire n'est parfaite. Si ?

Ecrit par Calyire, à 02:09 dans la rubrique "Réflexions".
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